Exposition de Sophie Zénon
À l’Atelier Datcha, nous portons attention à ce qui a vécu, à ce qui garde des traces, à ce qui se répare sans jamais effacer entièrement. L’exposition L’humus du monde de Sophie Zénon, présentée au Château d’Eau jusqu’au 8 mars 2026 est à découvrir…
Ce qui touche dans l’œuvre de Sophie Zénon,
c’est cette même attention portée au végétal,
et plus particulièrement aux arbres, capables d’absorber les marques de nos barbaries et de continuer à croître.
Dans leurs écorces, dans leurs fibres,
les arbres avalent les impacts, les cicatrices, les éclats.
Ils accumulent les couches du temps.
Le végétal devient alors une matière-mémoire,
un paysage habité par l’histoire.
Ici, la botanique n’est pas un inventaire.
Elle est un récit sensible.
Plantes déplacées par les guerres, herbes venues d’ailleurs, appellées plantes obsidionales.
Arbres blessés mais debout :
Le vivant témoigne, silencieusement, de ce que les hommes ont traversé et laissé derrière eux.
ASPLENIUM FONTANUM (DORADILLE DES FONTAINES).
2024.
Composition 20 x 25 cm tirée sur papier japon, marouflée sur papier BKF Rives 40 x 30 cm.
Techniques mixtes : photographie, archive extraite de L’Album de la guerre (L’illustration 1923). Lavis, pigments, cire.
Copyright Sophie Zénon / Courtesy Galerie XII.
Par le photogramme, geste lent, direct, presque artisanal,
Sophie Zénon dépose la plante sur le papier,
comme on poserait une matière à révéler.
L’image apparaît par contact, par lumière, par attente.
Une empreinte.
Une révélation.
Les plantes s’imposent alors en grandeur nature,
reléguant les récits héroïques à l’arrière-plan
pour laisser place à une mémoire plus intime, plus juste.
Une mémoire qui ne crie pas,
mais qui persiste.
L’herbe aux yeux bleus est le nom d’une plante de la famille des iris introduite en Lorraine par les Américains pendant la première guerre mondiale et donne aussi son nom au catalogue édité pour l’occasion. Elle symbolise surtour pour l’artiste ce qui se cache derrière la majesté et la beauté de ces plantes. Cette métaphore poétique invite à la curiosité, à aller au-delà de ce qu el’on perçoit.
Cerla entre en résonance avec l’esprit Datcha :
prendre le temps de regarder,
honorer les matières marquées,
accueillir les traces,
et reconnaître dans la fragilité du vivant
une forme profonde de résistance et de beauté.
L’herbe aux yeux bleus est le nom d’une plante introduite en Lorraine par les Américains pendant la Première Guerre mondiale, la Bermudienne des montagnes (Sisyrinchium montanum Greene). Ce travail s’appuie sur les recherches menées par le botaniste François Vernier en territoire lorrain.
LA SEILLE
2025.
Composition photographique 112 x 84 cm tirée aux encres au charbon sur papier coton.
Copyright Sophie Zénon / Courtesy Galerie XII
Photogrphies de l’exposition au Chateau d’eau de Toulouse. DR.
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